Le curé Jean-Baptiste Suzanne Corminboeuf (1788-1866)
Curé de Veyrier de 1820 à 1841
Arrivé de Fribourg en août 1820 à Veyrier, les débuts du jeune curé sont difficiles : il trouve une église délabrée, sans clocher ni ornement, abimée par l’envahisseur français de 1792. Il n’y a pas de cure non plus : c’est auprès de la famille de la Fléchère que l’ecclésiastique loge.
Néanmoins, rapidement il sait se faire apprécier de ses paroissiens et crée de bonnes relations, empreintes de tolérance, avec les habitants protestants, souvent riches propriétaires de la région.
Dans son sermon d’adieu de 1841, il se souvient combien il a été touché par le fait que, dès son arrivée il a été logé par la famille de la Fléchère, qu’il a été reçu combourgeois et citoyen de Genève, que le clocher a pu être reconstruit et l’église réparée et blanchie. Il mentionne également l’action du gouvernement communal qui permit la construction de la cure et de l’école. Il évoque la création en 1835 de l’école de couture pour les filles, due à l’intérêt et à la bienveillance des dames protestantes de la commune pour l’éducation des jeunes filles.
Bien aimé de tous il a été petit à petit victime des conflits entre diverses tendances du clergé genevois ; les « Vuarinistes » héritiers du modèle savoyard et les « Fribourgeois » nouvellement arrivés à Genève,
L’année 1836 est particulièrement difficile à cause de l’affaire dite du Mémoire. Un texte véhément intitulé « Mémoire présenté à Monseigneur l’Evêque de Lausanne et de Genève par le clergé catholique du canton de Genève sur les pièges tendus par l’hérésie à la foi de la population catholique », texte anonyme mais supervisé par le curé Vuarin, est signé par tous les curés des paroisses genevoises sauf par le curé Corminboeuf !
Ce refus de signer ce texte intolérant l’isolera du reste du clergé genevois. Certains de ses membres n’auront de cesse par la suite de l’attaquer et de le dénigrer.
En juin 1841, le curé Corminboeuf quittera Veyrier pour devenir un membre du Vénérable Clergé de l’église de Notre-Dame de Fribourg laissant derrière lui une église rénovée, une école en bon état de marche et des relations apaisées entre protestants et catholiques veyrites. Le curé Fleury lui succédera.
Christian Corminboeuf
est né en 1948 à Genève. Après une formation d’ingénieur ETS en génie nucléaire et un doctorat en anthropologie sociale, il consacre près de 10 ans à des projets de développement dans le domaine de la pêche aux îles du Cap-Vert et au Pérou. De retour à Genève, il enseigne à l’Institut Universitaire d’Études du Développement et crée son entreprise spécialisée dans la gestion de bases de données informatiques. Curieux de mieux connaître ses origines familiales, il se passionne pour la généalogie et découvre les premiers Corminboeuf installés à Genève : le curé de Veyrier partageant sa cure avec sa mère.















